Lundi 18 mai 2015 1 18 /05 /Mai /2015 23:26

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Mon (ou plutôt notre) projet de vie vient d'un coup de sortir de terre et de prendre dix centimètres, lui qui n'était qu'une vessie de loup bien cachée sous terre quelques semaines auparavant.


Il aura fallu d'abord tout faire trembler pour montrer qu'on se mutine. Puis on reprend le commandement. Plus de tergiversations : j'avais décidé que ce serait François, je le voulais : Nicolas allait devoir me faire confiance et accepter la situation s'il voulait me garder. Ce fut tendu. J'ai cru plusieurs fois que c'était déjà fini et que ce ne serait qu'une question de jours avant qu'il me dise de partir de l'appartement.


Mais je n'avais pas peur, même si ma situation d'étudiante n'est pas simple. Je me sentais calme, apaisée comme jamais depuis des mois malgré mes partiels, ma bourse qui va s'éteindre l'année prochaine, mon job étudiant, ma réorientation. Je savais où je voulais aller, j'ai tout énoncé distinctement : s'il n'était pas capable d'évoluer, de m'accepter dans ma totalité, alors il n'aurait plus eu le droit de cité dans mon coeur. J'étais contente d'éprouver mon amour et de m'enlever une épine du pied le cas échéant. J'étais pleinement moi-même, mes deux facettes brillant au soleil.

Nicolas était infect avec moi. Distant. Morose. Colérique. Il s'est posé certaines questions. Peu importait, le chantage n'avait pas prise. J'ai revu François. Ce fut une merveilleuse soirée. J'ai senti mon corps hésitant, sa joie, sa manière de me dévorer la chatte comme un bagnard à qui on offre du pain. Sa reconnaissance, aussi. Je raconterai sans doute cela une prochaine fois.

 

Nicolas m'a finalement envoyé un sms pour me dire que la situation avait été dure pour lui et qu'il avait achevé sa réflexion ; finalement, il m'avait choisi : nos projets, nos aspirations, nos moments de bonheur valaient bien plus que sa crise de jalousie de ne pas être le seul à faire vibrer mon petit coeur, comme s'il pouvait exiger posséder une part de moi, insidieusement. Il pouvait essayer d'accepter la nouvelle donne ; en contrepartie je dois tenter de le ménager sans renoncer à François. Faire attention à lui lorsqu'il est là, ne pas envoyer des messages de manière ostentatoire, faire passer les dîners de famille avant le BDSM, entre autre. Alors je l'ai revu, je suis rentrée. Il a été rassurée de me retrouver heureuse et finalement pas différente. Il s'est calmé.

 

Puis il a eu envie de moi. Je ne lui avais pas montré de désir depuis une bonne semaine. Certes, il ne se met pas encore à me désirer lorsque je reviens de chez mon amant-amour, mais il m'a tout de même désirée, plusieurs jours de suite, dès le lendemain. J'avais le pouvoir : je n'avais plus besoin de quémander ses faveurs car j'avais satisfait mes désirs ailleurs, sans avoir à attendre son envie.

 

Il s'est occupé de moi plusieurs fois tous les jours, il me donnait du plaisir sans jamais que je lui en donne jusqu'au bout. Il se satisfaisait de mes baisers, de mes caresses, de mes sarcasmes ; il se repaissait de ma chatte, de mes trous, de mon odeur. Je ne me suis pas lavée pendant trois jours afin qu'il puisse goûter au goût animal de mes sécrétions, cueillir mon sexe transpirant et sentant l'urine. Cela faisait si longtemps que je ne l'avais pas senti aussi animal... J'ai aimé le sentir venir me renifler les fesses, y fourrer son nez puis sa langue et me laper en lâchant un soupir de satisfaction, la queue déjà raide au travers des cuisses et le ventre collant de sa propre mouille.

Je ne m'épile plus le maillot, je tonds simplement les lèvres pour éviter de chatouiller mes amants : pour le reste j'ai un beau triangle fourni, noir et doux. Mes aisselles reprennent leur droit : je n'ai pas encore réussi à empêcher la pression de la société sur mes jambes. Mais mes deux amoureux adorent mon corps tel qu'il est, simplement. Je veux être la femelle alpha de François, qu'il se sente la brebis galeuse de mon troupeau. Quant à Nicolas il mérite d’être le gardien du nid, mais j'espère mettre rapidement son paquet en couveuse.

C'est son fantasme avant tout, c'est lui qui m'en parle, surtout lorsqu'il est excité. Il me rappelle qu'il va lui falloir un peu de temps mais qu'il me dira quand il se sentira prêt. Il veut une sissy cage, fabriquée sur mesure, parfaite pour contraindre son sexe, pourtant d'une taille honorable, à devoir se soumettre à mes envies. Je le sens plus volontaire, plus conscient de sa soumission, et de ce que je suis. Il commence à comprendre que notre relation sera différente et qu'il va devoir faire le deuil de la partie de lui qui voudrait rester au stade de la fusion ; il va devoir laisser plus de liberté à sa partie soumise qui, cependant, l'effraie encore. Il a peur de ce qu'il pourrait devenir dans cet état de vulnérabilité. Il a peur, insidieusement, de donner trop de place au sexe dans sa vie par rapport au travail, à la famille et aux amis.

 

J'ai eu le plaisir de l'entendre me raconter ses fantasmes pendant qu'il s'occupait de moi. Comment il allait vouloir être encagé, comment je devrais chercher ailleurs ce qu'il ne pourrait plus me donner. Et comment il hésiterait entre le plaisir de me savoir loin de lui à me satisfaire avec un autre mâle, ou à l'utiliser devant lui alors qu'il exhiberait sa chasteté forcée. Je devrais lui réserver la situation la plus pénible la majorité du temps. Et lui faire plaisir avec l'autre dans le cas contraire, lorsqu'il aurait été méritant. Le problème est qu'il ignore encore laquelle des situations serait la plus pénible ou la plus excitante tant les deux émotions se mélangent.

 

 

J'ai réussi à surmonter mes peurs, celle d'être délaissée, notamment. Je me suis retrouvée comme au confluent de deux fleuves à contre-courant : l'eau est finalement peu profonde, elle m'arrive à la taille et cesse de remuer ; j'ai enfin atteint un point d'équilibre qui devra sans doute encore s'ajuster.
Nicolas et François sont tous les deux bien là, chacun de leur côté respectif du fleuve. Personne n'est parti, même si la terre a tremblé. Et je me suis retrouvée. Et quand bien même cela n'aurait pas été le cas, j'en serai sortie plus forte, plus ferme dans ma décision : je suis trop jeune pour sacrifier mes rêves, j'ai encore tout à inventer. Jamais un homme ne devrait avoir le pouvoir de faire taire une partie de moi.

Par Cléo - Publié dans : Reflexions
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Lundi 18 mai 2015 1 18 /05 /Mai /2015 00:36

Depuis quelque temps, face aux remarques, l'idée de reprendre et renouveler ce blog fait jour (lapsus révélateur, j'ai d'abord écrit jouir !).
La déco se fait vieillissante, moi qui l'avait bidouillé lorsque j'avais à peine dix-sept ans. À l'époque je n'étais qu'une jeune fille vierge à l'imagination fertile, intrépide, bravant les interdits d'un autre âge pour se vautrer dans la luxure et des envies qu'elle commençait à peine à verbaliser. Bref, tout ça pour écrire que le blog se fait vieux et que l’hébergement d'erog ne cesse de me brûler la rétine, quand il se rappelle difficilement à moi.

Je n'ai pas beaucoup de temps à dédier à l'écriture, tant de ce blog que de mes écrits personnels. Je travaille actuellement sur un projet ; je me plonge dans des ouvrages d'histoire antique (grecque d'abord, vous vous en doutez !) afin de nourrir ma réflexion et parfaire mes connaissances. Je n'ai donc pas tant de temps à consacrer à la refonte du blog même si j'aimerais l’héberger ailleurs et pourquoi pas lui donner une forme plus claire, plus moderne, plus accessible.

 

 

Quelqu'un pour me conseiller ? Ou pour m'aider ?

 

PS : Après avoir regardé les offres 

- Un wordpress est impossible en raison du contenu pornographique. Les hebergeurs classiques ne veulent pas de tels contenus par rapport à la loi

- il y a des hebergeurs spécialisés, mais qui racolent au niveau des pub

- Il y a la solution de l'auto-hebergement, mais je n'ai pas envie de payer un serveur + un nom de domaine + de faire le site moi-même pour ce blog gratuit à la base

- il y a Trumblr ? A voir...

- Blogger = google = vendre son âme au diable. Je veux rester (un peu) anonyme

Par Cléo - Publié dans : Autres
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Samedi 2 mai 2015 6 02 /05 /Mai /2015 14:22

paysages-bhoutan

 

C'est encore tout récent, je ne sais pas quelle place attribuer à ces désirs ni quels seront leurs degrés de réalisation, néanmoins je me sens apaisée. Je me sens à nouveau en phase avec moi-même, comme si deux pôles de ma personnalité s'équilibraient enfin. Je ne me sens plus obligée de me cacher, de me voiler la face. Je me sens vivante et acceptée pour ce que je suis, sans devoir me restreindre pour être acceptée.


D'un côté il y a la sécurité et la stabilité représentée par mon chéri. De l'autre mon amour « de jeunesse » (très étrange d'écrire cela alors que je n'ai que vingt-et-un ans). Je n'ai jamais cessé d'y penser depuis notre séparation, il y a maintenant trois ans, et jamais nous n'avons perdu contact. Pour être franche, il nous arrivait régulièrement de revivre notre relation et nos désirs par le biais d'écrits. Il partage le même univers mental, sa sensualité répond en écho à la mienne. Je ne m'étendrai pas plus sur les raisons de son refus de continuer à l'époque.


Néanmoins il n'est pas aussi stable, aussi mature et réfléchi que mon chéri. J'ai besoin des deux : à la fois d'une relation sécuritaire, basée sur une entente rare, des projets ambitieux communs et la dose de passion, le désir dévorant, les coups de crocs plantés dans mon ventre. Je ne pourrais pas vivre ma vie sans l'étincelle, même si j'ai compris, durant ces trois ans de latence, que l'idée d'une seule personne parfaite et totalisante était un mirage. Je les aime chacun différemment, ils occupent tous les deux une place de mon cœur.

 

La conciliation a été difficile (autant ne pas vous mentir). Mon premier était jaloux du second, il refusait que je puisse le revoir un jour. Le second, quand à lui, se tâtait difficilement mais n'est pas possessif. Nous venons à peine de nous rapprocher, parler d'une nouvelle relation, d'un nouvel équilibre : il n'était pas fait pour être le numéro un, il a besoin de davantage de liberté, de temps de pauses. Et au niveau du caractère je ne suis pas sûre de pouvoir m'imaginer vivre avec lui tout le temps, même si ses récents progrès me font douter. Pour le moment je n'ai plus confiance en lui, je le juge trop instable. Lui-même ne sait pas s'il pourra tenir sur le long terme. Mon premier chéri, au contraire, est un jeune homme réfléchi qui cherche à s'établir. Je le trouve sans doute parfois un peu trop cartésien, trop raisonnable, à rejeter en bloc l'amour passion et les relations basées sur l'extase sensuelle. Il vaut mieux des partenaires de vie, une bonne entente, une vie de couple stable qui est le pilier d'une future vie de famille. Bien evidemment je ne suis qu'à moitié d'accord. La vie n'a finalement pas de sens si quelque chose ne la transcende pas, même si je doute sincère de pouvoir fonder quelque chose sur un amour passion qui risque de s'étouffer. Et puis je sais ce que je gagne avec François, ce que je perds avec Nicolas, mais je ne sais pas à la fin ce que j'aurai, et surtout combien de temps !


J'ai pourtant essayé de refaire ma vie, sans François. Nous ne nous sommes pas revus depuis un an et demie et n'avons pas fait l'amour depuis trois ans : je ne peux donc pas dire que j'ai délibéremment entretenu la flamme bien que l'idée de couper toute conversation me paraîsse irréalisable. Je pensais naïvement, au début de ma rencontre avec Alexandre, pouvoir réussir à l'oublier. Une partie de moi a continué de l'aimer, de rêver de notre passé, de l'utiliser quotidiennement dans mes masturbations, mes fantasmes, mes mots. Même si j'essayais de me laisser une porte de sortie au moyen d'annonces et de nouvelles rencontres, au lieu d'arriver à me laisser toucher par quelqu'un d'autre qui aurait pu prendre sa place, j'ai continué à chérir davantage nos souvenirs à l'intérieur de moi ; j'ignore si c'est à cause de la mauvaise qualité des postulants ou tout simplement parce que, dans le fond, je n'étais pas prête à le reléguer au passé. Une partie de moi sentait notre lien palpiter toujours.


Je n'ai jamais pu me résoudre à l'idée d'avoir posé un collier pour rien à un homme alors qu'il s'agissait, pour moi, d'un symbole incroyablement fort. Je le lui ai posé en trois semaines tant la force de notre relation s'exprimait. J'avais peur de le regretter. Une partie de moi est triste de cette relation passionnée mais si courte. Une autre se met enfin à espérer et à se dire que la première n'a pas eu tord.


J'ai l'autorisation de partager ma vie entre les deux, même si Nicolas souhaite avoir la première place. S'il désire que je reste un soir, je devrai lui obéir. Je dois éviter d'envoyer des messages ou d'appeler mon deuxième amour s'il est présent avec moi et surtout si nous faisons des activités ensemble : lorsque chacun est de son côté, il n'y a pas de problèmes.


D'ici quelques mois, je serai fixée. L'idée de partager ma vie entre deux hommes que j'aime me remplit d'aise : je me sens comprise dans ma totalité, en tant que personne avec des besoins d'apparence paradoxale et pourtant imbriqués les uns dans les autres. Je rêve d'essayer ce mode de vie depuis des semaines, et je rêve de François en particulier depuis des mois, sans croire que j'allais réellement réussir à faire changer d'avis mon premier.


Je m'imagine d'ici quelques mois choisir chaque soir l'homme qui me prendra dans ses bras, qui m'embrassera et avec lequel je me roulerai en boule tout contre lui pendant que nous regardons ensemble une série ou pendant que l'un est sur l'ordinateur et que l'autre lit. J'ai besoin avant tout de tendresse, de confiance et de passion.


Nicolas arrêtera de me sentir insatisfaite, à le comparer à mon ancienne relation et incapable d'être touchée par ses efforts tant mon corps, mon esprit, est tendu vers l'espérance de ce que j'ai connu. Une cage de chasteté ouverte en acier, faite sur mesure, est à envisager. Je pense que le projet se fera, même si je sens Nicolas encore trop hésitant face à la déconfiture de la CB3000. Néanmoins je sais qu'il va finir par en acheter une ; j'ai davantage peur qu'il refuse de la porter au quotidien, qu'il ne la supporte pas et que psychiquement (et donc physiquement) il ne soit pas encore prêt à l'accepter. Quant à François nous nous abreuvons de scenarii torrides tout en sachant très bien que lorsque nous nous reverrons en vrai, il nous faudra du temps à tous les deux avant d'accepter de réconcilier nos corps. Nous cherchons désormais l'équilibre. Le temps ne me fait plus peur : il a déjà éprouvé ma patience, je lui ai montré que je pouvais rester fidèle plus de trois ans : désormais c'est à lui et à lui seul de questionner ses désirs et de venir vers moi afin de me prouver qu'il est désormais digne d'être à mes pieds et de m'appartenir, si tel est son souhait. Et je lui repasserai alors son collier qu'il garde précieusement dans une boîte.


L'idée de mettre en concurrence mes deux hommes m'excite. Je les connais, je sais qu'ils ne sont pas volages. Je me vois bien partager la couche d'un et revenir ensuite vers l'autre pour finir la nuit, les cuisses encore humides et dégoulinantes du parfum de l'autre. Je rentrerai et trouverai Nicolas à genoux, devant le lit, le sexe encagé et déjà douloureux. Je passerai tendrement sa tête sous ma jupe et poserai sa joue sur mes bas. Il ouvrirait les attaches du porte-jarretelles afin d'avancer son nez contre mon sous-vêtement, si par hasard j'ai décidé d'en porter ce soir-là, avant de gémir face au tissu poisseux. L'odeur aigre du foutre d'un autre raviverait la frustration de son sexe encagé et son désir de me lécher, de se sentir humilié. Je l'obligerai de me fouiller malgré ses protestations et, lapant avec application mon sexe non épilé et ma raie, n'hésitant pas à m'asseoir sur son visage.


C'est beau de rêver. J'ai l'impression que la femme dominante (« la femelle alpha » selon François) se réveille. Je suis si heureuse que mon chéri actuel me comprenne, me fasse confiance et me donne l'opportunité si jeune de vivre une relation si passionnante. Je sens bien qu'il préférerait être le seul, l'unique, mais je m'en sais incapable. J'espère qu'il trouvera finalement son équilibre et que cet état ravivera sa soumission. Mes nouvelles libertés ne me font pas moins l'aimer, au contraire, car je sais quelle chance j'ai.

 

Je suis polyamoureuse et je ne ressens plus de culpabilité à l'être. Je suis telle que je me suis toujours rêvée.

Par Cléo - Publié dans : Reflexions - Communauté : La d/s dans tous ses états
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Lundi 20 avril 2015 1 20 /04 /Avr /2015 00:33

Aujourd'hui, quelqu'un m'a demandé où en étaient mes recherches. Il s'agissait d'un inconnu sur un site de rencontres, du genre qui tourne autour du pot, qui me fait des compliments en me disant à quel point mon annonce de vingt lignes est belle (j'ai essayé du moins de lui donner un petit côté esthétique), qui tente vaguement d'essayer de la paraphraser pour finalement faire semblant de me poser une question naïve et pleine d’innocence, à savoir « en espérant que vos recherches se passent bien » : tout ça pour quoi ? Pour que je réponde à son mail où ne figure pas une ligne, pas un mot qui ne soit dirigé vers lui, vers la personne qu'il est derrière l'écran. Tout ça pour que je réponde, pour que nous discutions, puis pour que je lui vende du rêve sans, de son côté, s'être impliqué ni s'être plié à mes règles. Mais au moins il y a mis les formes, alors je lui ai répondu, par politesse et parce que malgré tout, même sans doute « hypocrite », son mail reste gentil, ce qui est déjà beaucoup et très bien comparé au reste. Juste pour vous dire messieurs que je suis jeune et que je ne suis pas dupe, si jamais vous l'aviez oublié. J'ai dû un peu perdre la main.

 

Mes recherches me plongent dans un désert, et toujours pas une flaque d'ombre à l'horizon. À ce stade je marche au ralenti en me disant que néanmoins, un seul oasis pourrait me sortir de là, et qu'il a plutôt intérêt à me trouver plutôt que moi à lui courir après. En espérant que mes annonces et mes écrits le mettent vers la piste.

 

Parfois je me demande si j'ai été assez claire, si je n'ai pas obscurci mes écrits. Car si la plupart des gens pensent que je relate mes expériences et des fantasmes, – ce qui n'est pas totalement faux –, j'écris avant tout pour coucher sur le papier ce qui est le moins accessible pour moi, ce que je formule toute seule difficilement. Il y a un deuxième voire un troisième niveau de lecture de mes articles. Il y a de l'idéologie dans ma vision du BDSM. Quelque chose qui touche au plus profond de ma relation à autrui. Je cherche quelqu'un qui sente comme moi, qui bouillonne d'une vie intérieure, même s'il n'arrive pas de prime abord à la formuler. Quelqu'un qui sache se recueillir sur soi.

 

Les pratiques me manquent, le corps, l'odeur, les souffles, les mots, la complicité, l'amour, le cœur qui bat, les frissons le cerveau qui part, la simplicité d'une relation. Plus prosaïquement la fin des recherches.

 

J'aimerais toucher quelqu'un, quelque part, provoquer une émotion profonde. Avoir l'impression que je ne suis pas seule à nager dans des idées vagues, à aspirer à quelque chose de fort et de beau, à avoir dans le cœur comme un souffle épique qui attend, caché derrière les partiels, le quotidien, le déménagement. Il faut déjà que je parte. L'appel de la nuit, le studio parisien étriqué, la nécessité, le travail demain. Je range mon utopie au fond du placard, jusqu'à la prochaine fois.

 

 

Par Cléo - Publié dans : Autres
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Mardi 13 janvier 2015 2 13 /01 /Jan /2015 12:01

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Par Cléo - Publié dans : Souvenirs - Communauté : La d/s dans tous ses états
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Mardi 9 décembre 2014 2 09 /12 /Déc /2014 22:04

Je me permets de relayer le lien d'un appel à texte vers un site, Le Repaire des amazones, dont la ligne éditoriale est axée essentiellement sur la domination féminine (à prendre dans le sens BDSM classique ou dans un sens plus large et pouvant être mélangé à tous les genres). Le site souhaite rendre accessible au plus grand nombre le BDSM et plus généralement une littérature érotique et pornographique française de qualité en proposant gratuitement en téléchargement des formats numériques (PDF et Epub). Le site est encore en construction, mais avant d'aller plus en avant dans le développement, les créateurs espèrent voir si d'autres personnes seraient vraiment intéressées pour participer.

Alors si vous écrivez et que vous avez quelques petites histoires épicées dans les fonds de tiroir, n'hésitez pas. Faîtes passer le mot.

 

http://www.repairedesamazones.ovh/

 

 

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Par Cléo - Publié dans : Ecrits/Fiction - Communauté : Récits Erotiques X
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Vendredi 21 novembre 2014 5 21 /11 /Nov /2014 23:56

Petit à petit, mon idée prend forme et se matérialise. J'ai eu l'occasion, cette semaine, d'avoir une discussion profonde avec mon premier chéri, laquelle a été d'une grande clareté concernant nos affaires. Je lui ai expliqué mes attentes, la position insoutenable dans laquelle je me trouve actuellement et surtout la non-viabilité de notre couple s'il ne me laisse pas vivre ce dont j'ai envie. Bien evidemment, cela, il le savait déjà. Il a avoué qu'il avait réalisé il y a environ deux mois ne jamais pouvoir devenir mon soumis au quotidien et porter mon collier (il a horreur des colliers) bien qu'il se soit toujours livré à mes fantaisies sexuelles et ait toujours aimé cela. Ces paroles m'ont blessée, moi qui tentait de me bercer d'illusion. Moins désormais, il est vrai, depuis que la cage de chasteté lui avait rappelé le caractère éphémère de ses envies : il ne veut pas vivre notre sexualité dans le cadre d'un mode de vie. Cela n'enlève en rien le fait qu'il ait besoin d'une femme entreprenante qui aime l'attacher, se servir de sa langue et de son corps et qui lui fasse tenir des poses humiliantes. Mais ma vision du BDSM est hélas bien plus vaste. De son côté il vit très bien avec une femme qu'il aime, qui comble ses envies et qui l'aime en retour. Il n'a pas besoin de plus alors que de mon côté je sens le manque. Peut-être suis-je encore trop jeune à moins que ce ne soit encore le fantome de François qui ne cesse de m'obséder.

Ce que j'ai vécu avec ce premier et unique soumis, ce premier amour, (et le plus fort qu'il m'ait été donné d'éprouver dans ma courte vie) s'est comme gravé dans ma chair. Depuis, je ne suis plus qu'un chien qui tente de flairer les traces effacées d'une proie déjà dévorée par plus gros chasseur. Il me reste les souvenirs et quelques photos, mais je ne cesse d'y penser. Plus de deux ans plus tard j'en rêve encore la nuit. Tout cela pour une histoire d'à peine quatre mois. J'ai eu l'impression de connaître des ravissements sensuels et cérébraux d'une intensité telle que je ne pense pas pouvoir les retrouver.

Le simple rappel de ses gémissements, de la manière qu'il avait de bêtement se tortiller comme un ver sur les draps ou la vision de sa bouche arrondie, mouillée de salive, me donne encore une décharge dans le ventre. Je n'ai cessé depuis François de chercher sa copie, un modèle, un reflet en tout point semblable. Mais hélas on ne peut revivre le passé.

J'avoue que j'avais du mal à accepter ma situation actuelle, moi qui ai toujours rêvé d'un mari-soumise-femelle. Pourtant, bien qu'il ne rechigne jamais à porter une petite culotte lorsqu'il est excité, jamais il ne sera sous contrat, ni même, dans le quotidien, ne sera prêt à se laisser diriger. Et pourtant il m'aime comme sans doute on ne m'a jamais aimé. Il n'atteint pas même le quart d'implication que François a pu me témoigner. Néanmois, il s'est montré bien plus fiable et plus ancré dans la réalité quotidienne, sans faillir, et surtout sans me jeter comme un pauvre vêtement passé de mode au bout de quelques mois en arborant une nature dépressive.

 

Il m'embrasse chaque soir avant de dormir. Chaque matin en me réveillant il vient me caresser doucement les hanches et le dos.

 

Il fait l'effort d'essayer d'apprécier mes parents lorsqu'il les voit (c'est un point difficile)

 

Il a été là lors de ma maladie de l'intestin et n'a pas été dégoûté par elle. Beaucoup seraient parti en courrant.

 

Il m'est fidèle.

 

Il me laisse sortir avec d'autres que lui et m'attend lorsque je découche.

 

Il m'assure un logement et de la nourriture avec son salaire sans jamais se plaindre. En gros il a investi sur moi et croit en ma capacité à devenir quelqu'un.

 

Il serait prêt à fonder quelque chose de solide avec moi. Il pense même que nous avons l'avenir pour nous, à nous deux (c'est beau, il me le dit souvent)

 

Il a accepté que je puisse aimer un second homme que lui avec lequel je pourrais vivre une relation passionnelle fondée sur le BDSM. Il a accepté que je vive tout cela, au moins que nous essayions ensemble, que je l'autorise à me montrer qu'il est prêt à me laisser vivre les deux. Il ne me demande pas de faire des concessions. Il est prêt à me redonner une liberté presque totale tant que je me rends compte que ce qu'il me donne, trop peu le feraient et que j'accepte de le garder à mes côtés, de le respecter et de l'aimer à sa juste valeur.

 

Alors, même s'il n'est pas soumis au sens premier du terme, même s'il a du mal à supporter au quotidien de devoir se plier à des règles, son comportement me fait difficilement penser à un homme vanille. Il y a de la soumission là-dedans, du respect, de la compréhension et surtout beaucoup d'amour.

 

Un grand ami à moi, dominateur, avec lequel je discute depuis deux ans, m'a donné de bons conseils. Cet homme est toujours, d'ailleurs, de bons conseils. Il m'a rappelé que mon premier chéri a de nombreuses qualités en tant qu'homme, qu'il s'agit d'un parti sérieux, pas idéal il est vrai, mais que je pourrais sans doute difficilement compter sur quelqu'un de sa trempe dans mon avenir si jamais je l'abandonnais. Et je sais qu'il a sans doutes raison. Je me rappelle une phrase de Balzac dans La Duchesse de Leangais, dans le prologue, lorsqu'il parlait de Naopéléon, évoquant l'image d'un « météor ». Oui, je pense que l'amour passion tel que je l'ai vécu avec François était un météor. Brûlant (quelle imagination torride ce soir à recycler des topoï éternels) mais facilement consummable/consummé. Ainsi je pourrais, quoi qu'il arrive, toujours me rattacher à mon premier chéri que j'aime pourtant sincèrement, d'un amour fondé sur l'entente, les passions communes, les visions de la vie et de l'avenir plutôt que sur une attirance sensuelle qui risque de s'essoufler. Mais je pourrais vivre cela comme je le souhaite à côté et fractionner mon temps entre mes deux amoureux en espérant le plus possible assigner à chacun une place claire dans ma vie et mon emploi du temps.

 

Ce n'est pas évident mais maintenant que je comprends mieux vers où je vais, je me sens apaisée, rassurée et très confiante quant à l'avenir.

Alors vous savez, désormais, ce que j'attends pour Noël : un beau numéro deux à attacher sous le sapin...

Par Cléo - Publié dans : Reflexions
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Dimanche 9 novembre 2014 7 09 /11 /Nov /2014 23:04

Lorsque tu es entré dans ma chambre, je n'ai pas seulement remarqué ton maintien un peu trop droit pour être honnête, ni le tremblement de tes avant-bras ; c'est d'abord la fissure de ton âme qui s'est reflétée sur l'humidité honteuse de tes pupilles. J'ai instantanément compris, à la manière de ces créateurs plus artisans qu'artistes, où enfoncer mon burin afin de faire sauter la brèche et de dégager le passage. Et au sourire que je t'ai adressé, à ce geste de la main, le poignet offert vers ta bouche trop sèche, tu as compris qui j'étais ; ce sourire qui se moquait de ce que tu t’efforçais si bien de cacher a fait trembler tout ton corps. De concert, tes narines et tes pupilles se sont dilatées, oxygénant ton sang. L'adrénaline a fait palpiter ta poitrine. Alors tu t'es défait de tes vêtements, car tu étais déjà nu devant une inconnue, plus nu que ne t'avais jamais vu ta propre mère. Exposé par le bout de tes vices. Tu as gentiment plié tes vêtements en quatre, puis en six. Une fois tes affaires correctement ordonnées, tu les as laissées au sol, devant la porte, pour quand tu serais prêt à te couler à nouveau dans la chape. Les conventions, devant moi, n'avaient plus lieu d'être. Je ne te demandais rien excepté de m'autoriser à m'introduire dans ton rêve. Ma voix n'aurait plus qu'à te guider, tu n'aurais plus eu qu'à suivre sa lumière.

Je sentais ton désir. Il pulsait à la frontière de tes pores. Il attendait que je le matérialise.

 

Les premiers mots sont sortis. Ils écorchaient au passage malgré mon intonation neutre. Je jaugeais ta réaction à la vitesse de contraction de cette veine qui se dessinait sur ta clavicule. Tes lèvres se sont pressées amoureusement sur mon poignet, enfin, et j'ai senti éclater la violence de ton désir dans ton empressement. Déjà, la secousse de ta langue qui avait échouée contre la barrière de tes dents me laissait présager de son ardeur à parcourir mes plis, à tâter la texture de ma peau, à sonder son goût. Déjà, tu voulais que nous mêlions nos fluides aussi intimement que nos esprits s'étaient découverts. J'essayai une nouvelle combinaison de mots. Des injures, dites comme s'il s'agissait de la plus banale des conversations. Et pourtant c'était l'humiliation qui sonnait en toi plus que leur sonorité ; la tessiture de la honte se mêlait à ton envie. Jamais une phrase, aussi courte soit-elle, ne t'avais parue si vive. Et à mesure que je t'appelais par ces nouveaux noms, ils résonnaient avec davantage de vigueur en toi, jusqu'à ce que leur réminiscence te semble aller de soi. Dans le fond, tu avais toujours été ma salope : tu avais juste attendu la moitié de ta vie pour t'en rendre compte. Tu avais besoin de moi pour que je t'aide à toucher terre. Désormais, ma voix n'était plus qu'un prétexte pour t'y vautrer à plat ventre. Tu me suppliais de continuer, de te battre encore verbalement pour t'entraîner encore plus bas. Et bientôt ce serait tout ton corps qui tremblerait de l'effet du manque, à en vouloir davantage, que mon esprit t'écrase de son poids, qu'il te courbe jusqu'à te faire plier. Que je te casse, te brise, qu'il ne reste plus rien d'humain après mon passage qu'une terre vide jonchée de débris, une terre que j'aurais labouré et aéré. Une terre fertile apte à porter les fruits que j'aurais semé. Je te regardais te tortiller devant mes genoux, nu et suppliant, à recouvrir mes bras de ta salive. Laisse-toi emporter, laisse ma voix t'emporter, noie-toi d'amour pour ce qui te fait mal. Le contact de ta peau tremblante m'électrise ; tu as l'impression que je demeure froide ; d'ailleurs tu aimes cette image de moi alors que je ne suis que ton miroir. Tu ne peux pas concevoir que je bouillonne autant que toi. Je rêve de te recroqueviller jusqu'à t'avoir au creux de mes paumes où, leur chaleur aidant, tu prendrais la ductilité d'un argile tiède. La distance n'est plus de mise entre nous : déjà, tu m'appartiens, tu cours sur le chemin que j'esquisse au fil de ma voix. Déjà, tu rêves de la prochaine fois, alors que celle-là même ne s'est pas achevée. Dans une semaine, un mois peut-être, ou une année, je cueillerai le fruit mûr du cerisier que je viens de planter dans ta chair. Et lorsque je l'aurai dévoré, lorsqu'il ne restera de toi plus qu'une carapace réduite en morceau, alors tu m'appartiendras. Tu auras pris goût à moi de manière indélébile, comme ces chiens qu'il faut abattre dès lors qu'ils ont goûté au sang humain. Plus qu'à moi, la sensation te précédera, le souvenir te succédera. Même si je ne te revois jamais, même si tu tentes de devenir abstinent, il suffira d'un mot, d'une odeur, d'un geste peut-être, pour que ton âme bascule dans le souvenir. Tu as beau te retourner, jauger tes vêtements, ton hésitation ne sert plus à rien : tu as passé le seuil de mon antre. Tu ne le sais pas encore, mais tu es déjà prisonnier. À jamais.

Par Cléo - Publié dans : Ecrits/Fiction - Communauté : Récits Erotiques X
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Lundi 20 octobre 2014 1 20 /10 /Oct /2014 00:14

Car la vie est plus drôle à flexions...

 

Il y a une idée qui m'obsède depuis plusieurs semaines, plusieurs mois sans doute. En fait, cette idée est loin d'être totalement neuve puisqu'elle prend son origine dans ma première relation amoureuse bien qu'elle se soit affinée avec la nouvelle. En fait, j'ai encore beaucoup à apprendre sur moi (et à apprendre de moi aussi), sur mes envies et ma façon de fonctionner.

 

Il y a encore quelques mois, je croyais naïvement que j'étais une exception, l'affreux mouton noir, comme au temps du collège. Heureusement, internet est un réservoir inépuisable d'expériences. Mes questions et mes doutes, d'autres avant moi les ont éprouvé ; il n'est pas facile de sortir d'un schéma général qui nous semble imposé depuis l'enfance, il faut d'abord réussir à en avoir un œil plus extérieur, ce que les témoignages permettent. Mais rentrons dans le vif du sujet.

 

Il faut que je dise les choses à ma manière, c'est-à-dire sans fard : le couple monogame m’ennuie (le couple, pas forcément la personne, ou alors j'ai juste commis une erreur, ce qui peut arriver). Il tente de m'empaqueter dans un cellophane bien propre, bien aseptisé, qui finit par m'étouffer. Je me sens frustrée et niée. Je ne me sens plus libre. Je désespère alors, dans ma situation, moi qui pourtant « ai tout », de ne pas me sentir normale, d'éprouver le manque. Le quotidien me devient monotone à m'en faire souffrir, d'abord de manière ténue, puis journellement.

 

Je ne suis pas faite pour la routine, ou, pour le dire autrement : je ne suis pas faite pour n'aimer qu'une seule personne et il est d'autant plus malsain de me culpabiliser pour cela que j'ai un besoin pharaonique d'amour et d’interactions. Je suis un cœur d’artichaut, j'ai faim de me sentir vibrer, de sentir vivre mon corps au diapason de mon cerveau. J'ai besoin d'une à deux relations sexuelles par jour quelles qu'elles soient (jouer et s'exciter uniquement avec le cerveau est un rapport sexuel tout à fait tangible). Certains ont le sport, la musique : moi je préfère passer du temps avec une personne de manière sensuelle et intellectuelle.

 

J'ai déjà tout entendu : je suis une femme malsaine et libidineuse. Je suis anormale et amorale. Je suis l'Anomalie incarnée, la terreur des ménages. Je ne me ressens pas comme telle. J'ai l'impression d'aller vers l'autre avec honnêteté ; d'ailleurs, je ne cache pas ma situation de couple.

 

L'histoire débute avec François, le seul homme qui m'ait appartenu. Avec sa libido en pointillés et sa sensibilité, il a vite compris qu'il y aurait une différence de potentiel entre nous. Bien vite, je l'ai ressenti également ; alors, de lui-même, il m'a affirmé que cela ne le dérangeait pas que je continue à avoir une vie sexuelle parallèle, d'autant plus que nous ne nous voyions à l'époque qu'entre une fois toutes les deux ou trois semaines. Bien vite, le manque s'est encore aggravé : le sexe pour le sexe ne m'intéressait pas, j'en ressortais plus frustrée, j'avais donc besoin d'un engagement plus profond. Voilà comment il en est venu à me dire qu'il ferait taire sa jalousie si je devais en prendre « un deuxième », autrement dit si je devais en aimer un autre. Je me rappelle la sensation de liberté et d'amour inconditionnel qui s'emparait de moi lors de mes rendez-vous. Plus François embrassait les sinuosités de mon âme, plus je l'aimais, consciente que personne auparavant n'avait compris la nature réelle de mes besoins ni n'avait osé les affronter. Hélas, je n'ai pas eu le temps de trouver quelqu'un car notre histoire a cessé. Je me rends compte avec le temps qu'il n'était pas fait pour être « le numéro un », il devait rester la relation plus épisodique mais non moins profonde. J'ai mis deux ans à le comprendre, qu'il n'était pas fait pour moi, et surtout pas dans l'optique d'un couple monogame : je l'aurais dévoré, aspiré, suçoté jusqu'à la moelle, dévoré d'amour.

 

Ma relation actuelle est plus compliquée car l'homme subit plus son éducation, mais je lui suis reconnaissante de m'autoriser à poster mon annonce et à chercher cet « ailleurs » même si je sens bien que la jalousie est plus difficilement contenue. Pourtant, si cette dernière est bien muselée, j'ai la certitude que notre vie de couple en sortira plus forte et plus saine, lui pouvant retrouver une solitude et une indépendance qui lui manque, moi pouvant aller vampiriser à mi-temps une autre pauvre âme sans défense. J'y trouverai mon compte et lui aussi, sans compter tout l'amour de se savoir aimé et accepté pour ce que l'on est, car je sais que je ne tiendrai pas dans le cadre trop strict d'un couple monogame. Déjà au bout d'un an et demi je ne m'en sens plus la force, ce qui a nécessité des aménagements. Alors toute une vie... Si on tente d'attacher un cheval par la force, il risque de se débattre : et si par malheur un jour la bride vient à se défaire, force est de constater qu'il n'hésitera pas à sauter la barrière et à partir loin.

 

Peut-être expliciterai-je les scenarii qui me tentent, toutes ces images que j'ai en tête depuis un moment. Cependant, le plus important est cette prise de conscience véritable qui s'est opérée en quelques mois sous l'impulsion de François, qui, bien avant moi, m'avait comprise. J'espère que ce témoignage pourra aider certaines personnes à se décoincer, car je comprends à quel point une situation peut être ressentie comme étouffante. La parole libère de la situation, mais l'acte la réecrit.

 

Cordialement,

 


Cléo

Par Cléo - Publié dans : Reflexions
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Jeudi 11 septembre 2014 4 11 /09 /Sep /2014 14:13

Aujourd'hui, j'ai trouvé dans mes fichiers une jolie photo, assez récente mais que je croyais avoir égarée. La seule chose qui est agréable, avec les photos, c'est qu'elles permettent, pour la plupart des lecteurs, de supplanter le texte. A vrai dire, ces lecteurs m'intéressent assez peu ; dans l'essence même du blog, de ce journal intime, le lecteur n'était pas essentiel. Le blog devait être là d'abord pour moi, pour me trouver au fur et à mesure, pour comprendre ma transformation, pour garder mes ressentis... et ensuite sur internet pour permettre d'être utile à d'autres, qu'ils se reconnaissent ou non dans mes articles. Au début, je croyais que personne, jamais, ne tomberait dessus. Je me suis trompée.

Force est de constater que plus le temps passe, plus je me sens enchaînée à mes lecteurs. La plateforme de discussion, ou même les commentaires, au lieu d'être un lieu d'échange, de soutien et d'encouragement, devient un réquisitoire. On voudrait que j'écartèle encore plus ma vie privée, que je photographie plus, que je devienne plus "porno". Mutiler mon intimité de couple, correspondre à des fantasmes. Je les déçois d'articles en articles à ne pas écrire ce qu'on voudrait que j'écrive. Je m'énerve, je ne prends plus de plaisir à écrire ici. Je me dis : à quoi bon ? Cela me prend du temps, et beaucoup d'énergie. Et après je me sens comme Jezabel mangée par les chiens.

Je dois le répéter, mais au risque de vous déçevoir : ma vie n'est pas parfaite, elle n'est pas aussi belle que vos fantasmes, car il s'agit d'une vraie relation. Il ne s'éclipse pas une fois que j'ai eu mon orgasme. Il mange avec moi, dort avec moi. Rien n'est parfait car moi aussi je travaille (enfin, j'étudie), je mange, je dois voir ma belle-famille. Bref, je jongle avec d'autres responsabilités. Et si cela ne vous rappelle que trop ce que vous détestez chez vous, alors tournez le regard vers vos propres frustrations et cessez de me rendre responsable de vos echecs. Je m'occupe déjà des miens. Je veux faire bouger les choses, je suis actrice de ma propre vie. Et je n'ai pas besoin d'un metteur en scène pour me donner la réplique.

Ceci est un cri. Je ne nomme personne, je nomme un état d'esprit généralisé en ces contrées marginales de l'internet (et de l'humain).
S'il-vous-plaît, arrêtez de me salir comme vous salissez tout. Encore aujourd'hui, en me connectant pour mettre cette photo, je suis tombée ur d'horribles photos publicitaires d'autres blog. « J'appelle ma sale grosse truie soumise suceuse de queues de ...». Ceci est déprimant. Je ne badigeonne pas de cette sauce. Si vous en voulez, je pense qu'internet foisonne de sites, de dvd ou d'autres ressources. D'autres icônes peuvent prendre ce rôle. Je ne suis qu'une femme de vingt ans. Je ne suis pas une actrice porno, ni même une Maîtresse, et encore moins une Dépouilleuse, Reine, Déesse, Princesse.

Je voulais être l'oasis, pas le mirage.

Il y a des choses qui sont belles. De tout temps, en dehors de toute subjectivité personnelle. C'est pour cela qu'elles en tirent une beauté bien particulière. Des choses plus grandes que nous qu'il faut protéger et chérir. L'art, la littérature, l'histoire de nos ancêtres, la Justice, la Vérité. Je ne suis pas croyante, pourtant s'il y a deux choses qui m'impressionnent au point d'en devenir sacrées, ce sont bien la vie et les étoiles, car je suis persuadée qu'on ne pourra jamais les réduire à la science seule et qu'il y aura toujours une part de mystère et d'incroyable dans ces deux faits.

Je voulais pouvoir rencontrer des gens avec la même vision que moi. Cette vision si personnelle du couple et de la sexualité enchâssée dans la vie. Ce partage, cette recherche esthétique sublimée dans la sensualité, et non pas épuisée (du moins je l'espère). C'est tout. C'est ça qui vaut le coup qu'on se batte et qu'on écrive pour. C'est mon idéal.

DSC00240-copie-1.JPG


Vous pouvez voir cette photo avec des yeux avides, en imaginant une légende narrative et obscène. Ou alors voir plus loin, plus beau. Deviner ce dos vigoureux d'un jeune homme de vingt-cinq ans qui s'est incliné, qui a tendu les poignets avec joie. Imaginer la pupille pleine d'amour, le rosé de la chair qui s'emparre des fesses qu'on vient de frapper. Toute cette vie qui palpite pour former quelque chose d'incroyable qui change la vie. Tel est ce qui s'est passé ce soir là sur ces remparts, lorsque ma main a pour la première fois frappé une paire de fesse. Un moment qui a changé ma vie et a conditionné toute ma sexualité et ma vie de couple postérieure. Et chaque fois que je domine un homme, et qu'il se soumet à moi, une partie de ce miracle se joue à nouveau.

Mon chéri n'est pas parfait, il n'est pas aussi soumis que je l'aimerais, mais il m'aime sincèrement, est fidèle, et me respecte comme peu d'hommes l'avaient fait auparavant. Je sais que quoi qu'il arrive, il sera à mes côtés. 

Vous, par contre, n'êtes rien pour moi. Non pas que je ne désire pas lier des amitiés ; je l'aimerais, pour sûr, mais on ne veut pas de moi en tant qu'ami. Alors puisqu'en tant que fantasme je ne vaux rien, qu'il en soit ainsi ! 

Par Cléo - Publié dans : Reflexions
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